Le petit livre d' hommage et de souvenirs

   En quelques séances, nous écrivons un petit livre d'hommage pour évoquer votre ou vos animaux de compagnie, sous la forme d'un atelier d'écriture ou d'entretiens, éventuellement à distance si vous souhaitez simplement que je corrige vos écrits.

   Nous sommes souvent démunis devant la perte de nos petits compagnons. Pour l'avoir moi-même vécue, j'ai pu constater combien cette peine pouvait difficilement être exprimée et partagée.

   Réunir ses souvenirs pour écrire le récit de cette belle rencontre forcément reliée aux évènement qui ont jalonné notre vie, évoquer les petites habitudes ensemble, les grandes joies mais aussi le chagrin de la séparation... sont autant de possibilités de donner à cette d'histoire d'amour si particulière la forme tangible d'un petit livre précieux et consolateur.

   Quand le chagrin s'est un peu apaisé, quelle bonheur de pouvoir le feuilleter à nouveau, d'oser renouer avec ce qui constitue, sans aucun doute, la meilleure part de soi : l'affection inconditionnelle pour un petit être dont le bonheur dépend avant tout de notre attention et de nos soins, un attachement authentique et sans fard. 

  Un travail riche en émotions. 

Olivier Fortoso, Un amour de chien, Écrire ma vie, 2016.

                                                                      
                                                     Contacter M. Fortoso par mail



Références

Annie Duperey, Les chats de hasard, ed. Seuil, 2001.





Itinéraire bis, récit autobiographique d'Alain Fonteneau

     Fruit de  plus d'une année de travail, le récit de vie d'Alain Fonteneau, glaneur d'Agnès Varda, est  désormais publié. Le texte est illustré de dessins de l'auteur.

     Vous pouvez vous le procurer auprès de son auteur à la gare Montparnasse (demander le "corbillard des pompes" smileys Clin d oeil ) ou l'acheter par correspondance via notre site (nous contacter par mail).



Deux formats sont disponibles :
  • le format poche : n° ISBN 978-2-9557158-0-2, 230 pp., 10€
  • pour un grand confort de lecture, le format A5 : n°ISBN 978-2-9557158-1-9, 264 pp., 12€.
     (au prix du livre s'ajoutent les frais d'envoi éventuels).


Antony, récit en cours

   
     Un projet d'écriture est en cours avec Antony Blanchard, président de l'association lilloise Cause Animale Nord.

     Dans ce récit d'une extrême sensibilité, le jeune homme évoque sa solitude d'enfant qui, très tôt, s'identifie à ses compagnons les animaux. Grâce à eux, il intègre les valeurs d'amour et de respect auxquelles il aspire ; difficile apprentissage non dénué de chagrins, ni de révoltes.

     Vient l'adolescence. De choix en opportunité, Antony avance tel un funambule au gré des rencontres, des joies et des peines qui jalonnent son parcours atypique. Il tente d'abord de concilier ses ambitions professionnelles et son amour des animaux, mais réalise progressivement que ce dernier a peu sa place dans un monde où l'apparence et l'appât du gain sont rois.

     Entre prises de conscience et choix éthiques, l'existence d'Antony est désormais étroitement liée à son combat permanent pour venir en aide aux « sans-voix », comme il les appelle : tous les animaux abandonnés, exploités, torturés auxquels son association vient en aide jour après jour, malgré les embûches administratives, l'inaction des politiques et une bêtise institutionnalisée.

    Retour notamment sur l' « Affaire Vegan » qui a valu à l'auteur d'être catalogué comme un « voleur de chien » sans scrupule, et à son association d'être massivement discréditée par les médias du monde entier. Et tant pis pour les centaines d'animaux de l'association qui paieraient les pots cassés ! Une partie de l'opinion publique, d'ordinaire indifférente aux animaux errants et aux pauvres gens, a manifesté en octobre dernier une solidarité aussi soudaine que suspecte envers « le SDF » auquel le chiot Linda avait été retiré, puis rendu ; « SDF » dont elle aura depuis oublié le nom... D'aucuns en profitant pour se déchaîner contre les défenseurs des animaux, qui dérangent. À ce jour encore, Cause Animale Nord reçoit quotidiennement des bordées d'insultes et des menaces de mort.

     Récit sans concession, mais également sans complaisance. Antony revient sur sa vie privée, engagée en permanence dans sa lutte contre la cruauté mais aussi contre la maladie ; le plus souvent, dans une grande solitude...
 
     Pourtant, de son écriture à sa manière de parler, tout chez lui traduit à travers une expressivité peu commune, une passion et une énergie extraordinairement communicatives. Et si ce livre relate la genèse et l'histoire d'un combat, il s'agit bel et bien d'un combat pour le respect de tous les êtres vivants (partant, pour la vie elle-même).  

Un récit bouleversant sous forme d'abécédaire: Sans illustration

   Sans illustration est le récit poignant d’une seconde vie. Après un grave accident de voiture dont elle ressort défigurée et amoindrie, Pauline Picquet, l’auteure, doit apprendre à surmonter ses souffrances, autant physiques que morales, pour s'autoriser à vivre à nouveau. Le combat est d’autant plus difficile quand, d'opération en tracasserie administrative, de rejet en maladresse, le regard de l’autre la confine à la monstruosité et l’impuissance, à de rares exceptions près…

     D'ombre et de lumière, de surface en intériorité, les articles de l'abécédaire hypersensible de Pauline Picquet constituent autant d’éclats d’un miroir sans concession, de fragments épars où affleurent une volonté de vivre et une soif de réalisation d’autant plus bouleversantes qu’elles sont demeurées intactes, comme éternisées par le drame.

     Pauline, dont aucun dentiste n’ose désormais plus  explorer la bouche abîmée, exprime pourtant sa beauté et sa jeunesse massacrées à travers sa voix si belle, à laquelle la reconnaissent d’anciennes relations recroisées par hasard. Si Pauline chante merveilleusement bien, elle possède par ailleurs un talent de conteuse et de pédagogue qui la transfigurent aux yeux de son public et font rayonner son visage raviné par les brûlures et les opérations successives, lui offrant de nouveaux contours.

     Rebelle au coup du sort qui l’a frappée, l’auteure revendique dans ce récit plein de vitalité l’impossibilité d’inventer un sens, quel qu’il soit, à l’accident indifférent. Seule importe désormais la possibilité de faire face, sur les ruines de ce qui a été perdu. Cet abécédaire singulier procède bel et bien de la reconstitution, au sens littéral du terme, en ce que cette dernière imbrique passé et présent sans chercher à relier chronologiquement ces pièces de soi éparses, enfin rassemblées grâce à l'écriture au gré des souvenirs et des anecdotes. L’auteure insuffle en effet son âme de combattante dans chacune de ces bribes signifiantes et profondes où le refus de la complaisance confine parfois à la dureté du diamant.

     Pauline Picquet, Sans illustration, ed. Mauconduit, Paris, 2013.
     n°ISBN 979-10-90566-03-3, 208 pp.


Recueil des lycéens publié

     
     Après avoir entendu le 26 avril dernier quelques récits lus à haute voix lors d'une séance de groupe tout en dégustant de délicieuses verrines confectionnées par les élèves dans la cuisine pédagogique de l'établissement, j'ai enfin pu prendre le temps d'éditer le recueil. 

     Ce dernier présente les 19 récits de vie collectés auprès de leurs patients par nos jeunes biographes de la classe de Première ASSP B du Lycée Saint-Martin, sous la direction de leurs enseignantes, Mme Sylvie Warlop, professeur de Français, et Mme Claire Damay, documentaliste de l'établissement.

     Le livre est en cours d'impression. Un exemplaire sera offert au lycéen dont le texte aura été récompensé lors de la remise des Prix de l'établissement suite au vote des élèves et des professeurs. Deux ou trois autres seront remis aux enseignantes; un dernier figurera parmi les ouvrages disponibles au CDI du lycée.

                                       Le voici en lecture libre  au format PDF

Récits de vie au lycée Saint Martin (2) : atelier d'écriture

   
     J’ai pu rencontrer le 8 mars dernier les élèves de la classe de 1ère A.S.S.P. du lycée  Saint-Martin, à Roubaix.
     
    Pour cet atelier, les élèves se sont installés au CDI. La plupart sont assis autour des tables disposées en U, quelques-uns saisissent leur travail sur les ordinateurs de la salle. Alors que leurs enseignantes et moi-même passons de l'un à l'autre, je propose aux élèves qui le désirent de me laisser lire leur textes. Progressivement, ils lèvent la main pour que je vienne leur donner un avis... Comme nous ne passerons qu'une heure ensemble et qu'ils sont plus d'une vingtaine, je choisis de leur exprimer mes impressions de lectrice, au-delà d'éventuelles erreurs orthographiques ou grammaticales.

    La plupart des récits de vie collectés sont déjà bien avancés. Comme parfois l'état de santé de leurs patients ne permettait pas aux jeunes gens de réaliser ce travail difficile dans de bonnes conditions, Sylvie et Claire ont proposé aux élèves concernés de recueillir le témoignage d’un proche. L'enjeu n'est pas moindre !  Un jeune homme renchérit sur sa difficulté à recueillir les confidences de son aïeule :
    - Ma grand-mère raconte bien volontiers mais au moment de la rédaction, ça se corse. Régulièrement, je me sens bloqué… 
     Les liens affectifs peuvent effectivement rendre le « je » narratif intimidant. Je lui suggère de transcrire dans un premier temps les propos de sa mamie à la troisième personne, comme s’il racontait lui-même l’histoire, et de n’abolir ce garde-fou qu’ensuite, après avoir établi la chronologie des faits.

    De manière générale, la délicatesse transparaît à travers la manière simple et expressive dont les textes des adolescents ont été rédigés. Une jeune fille m'explique : 
    - J'effectuais tous les jours des soins sur ce monsieur. Cela ne me posait aucun problème, car il était très gentil et nous nous entendions bien. Mais lorsque j'ai commencé à recueillir son témoignage, même s'il en était heureux, je me sentais intrusive...
    
    Cette remarque pose la question, essentielle, de la juste place du biographe : comment construire un espace de confiance et de liberté mutuelles, au-delà des rôles sociaux et du fossé générationnel ?

     En lisant le récit de sa camarade, je découvre l’histoire d’un « Monsieur Hirondelle ». 
    - L’anonymat des personnes doit être respecté. Comme j’aime tant les hirondelles, m’explique-t-elle, j’ai préféré lui donner ce nom plutôt qu’une simple initiale.


    Les choix narratifs adoptés par les adolescents sont étonnamment divers : certains s'effacent totalement pour ne laisser transparaître que l'expression de leur narrateur, à la 1ère personne. D'autres évoquent leurs émotions à l’écoute du parcours de vie qui leur est confié, en particulier s’il fait écho à leur propre histoire :
    -  J'ai été très touchée par l’histoire de cette dame, me confie M. Elle avait perdu sa maman lorsqu’elle était petite. Parler de ce deuil lui était trop douloureux, et je n’ai jamais su précisément  comment s’était déroulé le drame... 

    Je ressens à travers la narration de la jeune fille les non-dits et les larmes contenues de la narratrice ; mais je perçois aussi la confiance et la complicité. J'admire la délicatesse de la jeune biographe, qui a su ne recueillir que ce qui lui était donné sans jamais forcer le récit.  
    « J’adorais m’occuper de cette dame et l’écouter », peut-on lire à la fin de son texte très émouvant. 

     Dans certaines biographies, c'est toute une vie qui est mise en perspective. D'autres gravitent autour d'un fait particulier. Parfois encore, c’est le présent lui-même qui est raconté : le quotidien en maison de retraite avec ses joies, ses peines ; des attentes, des regrets... Certains récits expriment la plainte de n'être pas assez souvent visité, d’autres, le désir de ne pas déranger ses proches, comme ce monsieur qui refuse obstinément d'être hébergé par son fils. Devenu orphelin à l'âge de cinq ans, il a très tôt appris à ne pas peser sur son entourage…


    Guidés et accompagnés et par leurs enseignantes dès les prémisses du projet, ces jeunes lycéens ont su créer un faisceau de rencontres signifiantes à travers leurs écrits en s'appropriant avec respect et sincérité les histoires précieuses qui leur avaient été confiées, puis en les transcrivant avec sensibilité.

    Une séance de relecture à voix haute est prévue fin avril. Elle permettra, j'en suis certaine, d’autres échanges passionnants.

Un récit de vie : pourquoi, pour qui?

    
    Écrire son histoire en vue de la faire partager ou de la transmettre est bien différent de la tenue d'un journal, où l'on n'écrit que pour soi, le plus souvent au jour le jour et en secret. À ce titre, qu'il soit partiel ou plénier, le récit de vie demande un travail préalable de réflexion et un certain recul sur les événements, tous deux garants de la structure et de la bonne articulation du récit. Très tôt, des interrogations essentielles pourront affleurer : "à qui souhaitè-je adresser le livre de ma vie ?", et encore : "quel est le sens de ma démarche ?". La première étape, indispensable, de mon travail de biographe consiste dans la mise à jour de réponses à ces questions essentielles.

    En effet, on ne retracera pas de la même manière la vie d'un être cher auquel on souhaite rendre hommage, ou une biographie familiale inscrite sur des générations que l'on veut transmettre à ses descendants. Ensuite, la spécificité d'une vie n'est pas forcément inscrite dans sa chronologie : si pour d'aucuns l'enfance représente un paradis perdu ou le lieu d'une problématique essentielle, pour d'autres, le sens de l'existence sera plutôt lié à un événement-clef ou une expérience particulière vécu(e) ultérieurement et dont ils souhaiteront témoigner, parce que que cette étape de leur vie cristallise pour eux un aboutissement, un nouveau départ, ou au contraire un point de non retour. Ainsi, de la biographie familiale au témoignage social, il existe autant de formes de récits que de vies à écrire.

   Pourtant, si l'idée d'écrire est venue à l'esprit d'un grand nombre d'entre nous, l'obstacle de la page blanche semble souvent infranchissable : doutes quant à l'intérêt parler de soi, peur de ne savoir comment faire, ni par où commencer, crainte de ne pas être capable de traduire les événements dans un style suffisamment efficace, incertitude par rapport à ce qui peut décemment être dit, et la manière de le faire... Là encore, le biographe peut s'avérer un guide précieux. Son regard distancié met en lumière les choix pertinents susceptibles d'orienter le déroulement du récit, et ses questions incitent le narrateur à approfondir, ou à privilégier un aspect de son histoire particulièrement signifiant.

    Grâce à leur interaction constante, narrateur et biographe pourront ensemble effectuer un tri, adopter de nouveaux angles de vue, tisser des liens entre des éléments a priori épars ou décousus. Le biographe garantit un équilibre dans ce va-et-vient constant entre la parole et l'écrit, le  "je" qui raconte et celui qui fut... Ses interventions constituent autant de petits cailloux blancs déposés derrière soi, afin de ne pas aller se perdre hors des chemins de son histoire.


Regardez comme ça en jette

Dans le cadre de son cycle "Regardez comme ça en jette", l'association Fondation Suisse projettera Les Glaneurs et la glaneuse d'Agnès Varda ce jeudi 24 mars à 20h30.

Alain Fonteneau participera au débat sur le gaspillage alimentaire prévu à la suite du film.

Projection gratuite, dans la limite des places disponibles.

Fondation Suisse, architecte Le Corbusier
7K, Boulevard Jourdan - 75014 Paris
tél: + 33 (0)1 44 16 10 10

Récits de vie au lycée Saint-Martin de Roubaix

   
    J’ai été récemment contactée Mme Claire Damay, documentaliste, et Mme Sylvie Warlop, professeur de Lettres et histoire et responsable de pôle de la section A.S.S.P. (Accompagnement Soins et Services à la Personne) au lycée Saint-Martin de Roubaix. Les deux enseignantes ont initié l’an dernier avec leurs élèves de 1ère A.S.S.P. un projet inédit autour du récit de vie

    Les élèves effectuent en janvier un stage de trois semaines, en structure ou à domicile, auprès de personnes non autonomes. C’est pendant la durée de leur stage, qu’ils sont invités à  recueillir le récit d’un patient, la particularité et l’intérêt du projet résidant précisément dans son interdisciplinarité même : à la croisée de l’objectif professionnel des lycéens et de leur maîtrise de la langue française.

     « Le lycée Saint-Martin est, en effet, étroitement associé au projet Voltaire, explique Sylvie. Un projet ambitieux auquel M. Jean-Luc Lambert, Directeur de l’établissement, tient à ce que tous les élèves de toutes les classes, sans exception, puissent participer. Les élèves passent un premier test en début d’année de seconde et bénéficient pendant leurs trois années au lycée d’entraînements réguliers, avec des défis interclasses. Enfin, en avril les Terminale et BTS passent la certification. »

     « La rencontre, l’humain, sont privilégiés dans ce projet, ajoute l’enseignante avec douceur. Si le récit de la personne est un peu décousu, ce n’est pas grave ; il en rejaillira toujours un détail insolite, comme ce médaillon jalousement gardé par une vieille dame, un souvenir d’enfance étonnamment précis, une émotion toujours vivace… ». Un grand nombre de thèmes sont ainsi abordés, comme les milieux sociaux, la guerre, les voyages, les métiers, des drames… « On prend ce que donne la personne. Certains récits sont très personnels, voire intimes. Qu’ils soient joyeux ou bouleversants, aucun ne laisse indifférent ».

     Afin de démarrer plus facilement les entretiens et pour les guider, les lycéens ont à leur disposition un questionnaire que leurs enseignantes les ont aidés à mettre au point. Ils sont cependant libres de privilégier tel ou tel aspect de l’histoire du narrateur sollicité, et mènent leurs entretiens à leur guise, sur plusieurs séances courtes ou un temps plus long.  Les adolescents sont également préparés aux exigences de ce travail qui demande respect et rigueur, et où l’anonymat des personnes doit notamment être préservé.

     La démarche, tout en privilégiant le lien entre les tout jeunes soignants et leurs patients, restaure l’identité de ces derniers en les replaçant au cœur de leur propre histoire et de l’intérêt d’autrui : dès lors, la personne interviewée n’est plus seulement « un patient parmi d’autres ». Et réciproquement : « Cette expérience est extrêmement valorisante pour nos jeunes biographes, souligne Claire. L’an dernier, nous avons organisé un concours et installé des porte-vue dans la salle des professeurs. Les enseignants ont lu attentivement chaque récit, laissé des commentaires… On pouvait également consulter les textes au CDI. Les élèves de l’établissement ont été invités à voter pour celui qu’ils préféraient. ». Lors de la cérémonie de fin d’année, le projet a été couronné par une remise de récompenses, au cours de laquelle le texte plébiscité (ici en PDF) a été lu publiquement par son auteur, Meïssane Hadhom.

     Cette année, des illustrations sont envisagées, ainsi qu’un atelier de rencontre et d’écriture avec une biographe. J’ai donc la chance de pouvoir accompagner la deuxième édition de ce beau projet auprès des 26 lycéens de la classe de 1ère ASSP – B et de leurs enseignantes chevronnées. En attendant de pouvoir découvrir leurs écrits et entendre leurs retours sur cette expérience tellement enrichissante, je leur souhaite à tous un excellent stage, et de belles rencontres !


Salon du livre régional de Gondecourt

      Je serai présente au Salon du livre régional, des associations d'histoire locale et de la généalogie de Gondecourt, organisé par la Société historique gondecourtoise les samedi 31 Octobre et dimanche 1er Novembre prochains de 10h à 18h.

      Cette manifestation se déroulera dans la salle des fêtes de Gondecourt, rue Joseph Poissonnier. J'espère avoir le plaisir de vous y rencontrer!


(Re)lire nos photographies

Préparation au travail autobiographique 

Revisiter ses anciennes photographies: les photographies de tiers


Nos photographies familiales sont une puissante source d’inspiration dans la démarche biographique. Il serait donc dommage de les cantonner au seul rôle d’illustrations ! 

Parfois, les photos sont disséminées ; on ne sait plus très bien par qui elles sont détenues et il se peut qu’il nous en reste très peu à disposition… Parfois aussi, les photos sont très abîmées ou définitivement manquantes, suite à un déménagement, un sinistre, un album égaré…

Nos photographies familiales ont effectivement une histoire, laquelle s’inscrit bien au-delà de l’instant T immortalisé sur l’image, cette fraction de seconde offerte à notre regard. L’inégalité et la diversité des situations qui concernent nos documents familiaux sont significatives de l’histoire des familles elles-mêmes : familles cosmopolites, unies ou dispersées… Les photos nous disent également beaucoup, de ce point de vue.

La rareté des images qui nous restent leur confère, le cas échéant, une valeur affective et documentaire d’autant plus importante. On aura à cœur d’explorer ces images rescapées afin d’en extraire le plus de sens possible. C’est dans ce sens que je vous propose ce petit document, susceptible d’aiguiser votre lecture de vos photographies dans la perspective d’un travail biographique ou autobiographique.

Description de la photographie elle-même

La photographie que j’ai sous les yeux est-elle en couleur ? En noir et blanc ? Est-elle abîmée, floue, ou au contraire lisible ? A-t-elle été prise par un photographe professionnel, ou dans un cadre familial ou intime ?

Identification

Qui est présent sur la photo : s’agit-il d’une seule, ou de plusieurs personnes ? Parvenez-vous à les identifier ? Les avez-vous connues ou en avez-vous entendu parler ? En quels termes, et par qui ? Ces personnes sont-elles toujours vivantes, ou aujourd’hui disparues ?

Les photos de personnes inconnues ou dont on ne se souvient pas pourront éventuellement attirer notre attention et initier une démarche de recherche : interroger un membre de la famille, revoir une tante à qui on n’a pas donné de nouvelles depuis longtemps, consulter les sources généalogiques…

 Description des personnes ou de la personne représentée(s)

-                La posture générale :
Comment la personne se tient-elle ? S’agit-il d’une photographie de circonstance, une photo de classe par exemple, ou au contraire d’un instantané de la vie quotidienne : jardinage, fête de famille… ? S’il s’agit de plusieurs personnes : semblent-elles proches ? Ont-elles l’air de partager un moment ensemble ? Comment se comportent-elles face à l’objectif : en tiennent-elles compte ou, au contraire semblent-elles n’en avoir pas conscience ? Si la photo est familiale, qui pourrait en avoir été l’auteur ?

Les hypothèses de lecture d’une photographie sont aussi importantes que les « réponses » parfois impossibles : le récit (auto)biographie est en effet avant toute chose une reconstitution, par définition imparfaite ou imprécise, ce qui la différencie de l’étude généalogique stricte.

-                La stature, les vêtements, les chaussures nous permettent de donner un âge, de déterminer une époque historique ou une période de la vie de la personne représentée, une appartenance sociale : comme le costume militaire, une robe ; je pense également à ces commerçants en tablier blanc que l’on voit poser devant leurs boutiques dans les photographies des années 50.

-                Le maquillage et la coiffure peuvent également nous donner des indices, ainsi que les accessoires : la personne porte-t-elle une décoration, des bijoux ?

-                Le visage, surtout, nous intrigue. Selon la lumière ou l’expression dans lequel il a été immortalisé, il peut montrer des ressemblances qu’on n’avait pas remarquées jusqu’alors avec un autre membre de la famille, voire avec soi-même. Le visage nous indique un âge, un état de santé. Il revêt de surcroît une puissante dimension expressive.

-                L’observation d’un visage peut nous apporter des indications sur des personnes seulement entrevues, ou que nous avons connues à un âge déjà avancé. S’il s’agit au contraire d’une personne que nous avons bien connue, l’expression de son visage pourra évoquer des anecdotes oubliées, un trait de caractère. Nous pouvons enfin y projeter une destinée, si elle nous est connue : le regard nous semblera d’autant plus intense, l’expression des traits, profonde ou rêveuse…

-                Description du décor, observation du contexte
La photographie a-t-elle été prise en intérieur, ou à l’extérieur ? Décrivez le paysage ou le lieu dans lequel elle s’inscrit : que voit-on à l’arrière-plan ? au premier plan ? S’il s’agit d’une scène en intérieur, décrivez la pièce, son mobilier, la décoration murale ou le carrelage…

On peut avoir de puissantes réminiscences en revoyant un sol de pièce à vivre sur lequel on avait l’habitude de jouer, petit enfant, ou une pendule qui marquait les heures lorsqu’on ne parvenait pas à s’endormir la nuit chez un aïeul… Outre ces anecdotes, et combien même on ne reconnaîtrait pas directement le décor du lieu où la photo a été prise, des objets (lampadaire, armoire, papier peint) peuvent nous en évoquer d’autres, et ainsi nous reconnecter à un autre lieu oublié.




L’observation des photographies comporte cela de magique qu’elle fait fi du temps et de la géographie. Elle mobilise notre mémoire sensorielle et affective, nous ouvrant les portes de tous les lieux que nous avons pu fréquenter, par associations d’idées (parfois les plus inattendues).


Nos rencontres Seniorêva

     J'ai été très heureuse de vous rencontrer cette fin de semaine, et nos conversations m'ont beaucoup apporté ! Je me suis aperçue à quel point la biographie pouvait toucher et intriguer, à quel point  elle soulevait de questions et de réflexions. 

     Rarement, on venait me voir directement sur le stand d'un pas décidé; en général les personnes hésitaient, lisaient l'une des affiches, s'éloignaient... Certaines repassaient un peu plus tard. Si je n'étais pas occupée à discuter avec un visiteur, je pouvais parfois deviner leur hésitation à approcher du stand et les inviter à y prendre place afin que nous puissions parler un peu, parfois quelques minutes, parfois bien plus longtemps... 

     Vos questions étaient nombreuses. Parfois même, vous m'avez exprimé vos réserves : qui ça peut-il donc bien intéresser, le récit de notre vie, si l'on est pas une personne célèbre ? Écrire le livre de sa vie, n'est-ce pas "narcissique", nos vies valent-elles réellement l'investissement d'un livre ? Je me suis efforcée de répondre à ces questions, qui interrogeaient mon propre désir d'écrire pour d'autres personnes.


Mme Michèle Pin, Présidente VMEH Nord
   Pour moi, une vie "ordinaire" ou encore "banale", ça n'existe pas. L'essence de chaque vie consiste dans son déroulement même, ses détails, ses habitudes, ses singularités, ses joies et ses douleurs, ses paradoxes. S'il fallait choisir une métaphore, je citerais la peinture: on peut admirer le Sacre de Napoléon immortalisé par David, et être cependant touché bien davantage par un tableau de Rembrandt qui célèbre l'intimité du quotidien. 

     Le récit de vie donne du sens aux grandes et aux petites choses sans censure ni jugement, il nous invite au recul et à la contemplation de souvenirs et de ressentis profondément ancrés. C'est en cela qu'il interpelle autant, même qui ne fait que passer, au détour d'une image ou d'une phrase : le récit de vie est, simplement, humain.

Mme Suzanne Aubrit signe son livre Ronde des lapins sous la lune
     D'ailleurs, si les motivations pour écrire le livre de sa vie sont plurielles, elles ne sont jamais égoïstes, bien au contraire : elles interrogent toujours notre relation à l'autre. Au cours de ce salon, nous en avons principalement évoqué trois. 
     
     La première consiste à laisser une trace, une forme d'héritage destiné à nos proches, comme nous aurions peut-être nous-même souhaité hériter du récit d'ascendants dont l'histoire nous est souvent trop peu connue, ou parce qu'au contraire nous avons la chance de détenir des documents précieux (témoignages, journaux, mémoires, lettres...) et mesurons l'importance de ce trésor. 

     Une seconde motivation serait de pouvoir enfin exprimer ce que nous avons gardé en nous pendant parfois de longues années de peur de gêner, de blesser ou de ne pas être compris. Écrire permet d'articuler des ressentis mal nommés, et qui du coup nous submergent. En donnant une forme et un sens aux événements qui nous ont marqués, nous nous délestons de casseroles qui entravent chacun de nos pas en nous faisant souffrir. En effet, écrire oblige à des choix d'interprétation et à nous positionner, ce qui incite à la nuance. Ce tri, en permettant de reconstituer le passé tout en l'ajustant à notre présent, nous donne la possibilité de refermer des portes, et d'en ouvrir de nouvelles dont on n'aurait peut-être jamais soupçonné l'existence. 

     Une troisième motivation enfin, est la notion de projet. L'autobiographie est un travail de recherche et de remémoration qui mobilise nos souvenirs et notre analyse. Il s'agit d'inscrire nos expériences dans un contexte dont elles sont tributaires: un cercle familial et social, une culture, une époque, l'Histoire... En amont et entre deux séances avec le biographe, on recherche des photographies, de vieux documents qui dorment dans un tiroir pour leur donner une seconde vie; on reconstitue la chronologie d'événements dont nous manquent des dates ou des repères; on a besoin d'interpréter une fois pour toutes des anecdotes dont il nous a été donné plusieurs versions... En aval, ce sera un déferlement de réactions et de questionnements de la part de nos proches, (petits-)enfants, frères et sœurs, amis... qui découvrent notre récit avec beaucoup de curiosité et d'émotion. 

     Ainsi, en partageant pendant trois jours avec vous ces réflexions, j'ai eu à mon tour le sentiment de recueillir autant de bribes de récits précieux ; et je garde de chacune de nos rencontres un souvenir ému et respectueux.


     


Salon Senioreva 24, 25 et 26 septembre

     Je me tiendrai au salon Senioreva organisé à Lille Grand Palais les jeudi 24, vendredi 25 et samedi 26 septembre prochains, de 10 h à 18 h (je serai présente le jeudi jusque 17 h).

     Je serai très heureuse de vous y rencontrer pour discuter du projet biographique en général, ou du vôtre en particulier, environnée de documents et de quelques livres afin de vous faire découvrir mon travail.

     Je mettrai également à la disposition des personnes intéressées un bon cadeau, à valoir sur l'écriture de leur biographie ou celle d'un proche. Des discussions passionnantes en perpective !

Rendez-vous:

Mme Michèle Pin-Monnerie, présidente de la VMEH Nord, sera présente sur le stand pour répondre à vos questions et signer son ouvrage: "VMEH Nord: Pour la vie" vendredi de 16h à 17h.

 Mme Suzanne Aubrit, auteure de "La Ronde des lapins sous la lune", sera  présente samedi de 15h à 16h.

     

 




VMEH Nord, « Pour la vie »

Biographie d'association polyphonique. 

     La première partie de ce livret de 78 pages présente l'histoire, le fonctionnement et les missions de la VMEH. Elle est complétée par une galerie de six portraits et témoignages.

   Gisèle, Philippe et Michèle, bénévoles de la VMEH Nord, Marc Bisbrouck et Kathy Dillies, directeur et animatrice coordinatrice au Centre Féron-Vrau de Lille, enfin Mme Odette Decker, résidente à l'EHPAD Marguerite Yourcenar, croisent leurs expériences et leurs conceptions de la visite bénévole dans le cadre particulier de l'hôpital et de la maison de retraite.

Les extraits de textes et articles publiés le sont tous avec l'autorisation des auteurs et narrateurs concernés.

Alain Fonteneau, récit de vie

    Alain Fonteneau figure parmi les glaneurs filmés par Agnès Varda dans ses documentaires poétiques Les Glaneurs et la glaneuse (2000) et Deux ans après (2002). Alain avait alors profondément marqué le public, comme il avait séduit la cinéaste. Dans le premier reportage, on le voit ramasser des fruits et légumes à la fin du marché et dispenser bénévolement des cours de français aux résidents étrangers de son foyer. Dans le film de 2002, Alain vend le journal de rue L'Itinérant et court le Marathon de Paris.
   
     En 1997, le journal La Rue aujourd'hui disparu avait déjà consacré au jeune homme un chaleureux portrait. Après la sortie du documentaire, l'hebdomadaire Télérama lui a dédié à son tour un bel article de quatre pages, dans sa rubrique « ça nous change ». Enfin, en 2002 un journaliste a contacté Alain pour l'inciter à écrire sa biographie, mais ce dernier considérait  alors manquer du recul nécessaire.

     Depuis, quinze années se sont écoulées. Alain Fonteneau a récemment accepté de se retourner sur le chemin parcouru depuis son enfance en Anjou dans la ferme de ses parents, environné d'animaux et de fleurs. De beaux souvenirs et des anecdotes savoureuses, mais point trop de nostalgie cependant : son récit, parfois critique et souvent drôle, se veut résolument ancré dans l'action et tourné vers l'avenir.

     Au fil de son  histoire et de rencontres singulières, Alain soulève la question, cruciale, de la place de l'individu dans une société où tout semble possible mais s'avère paradoxalement cadenassé. Il décrit sa quête viscérale d'une forme de liberté et de créativité malgré tout, autour de thèmes et de valeurs qui, s'ils ont évolué au gré des circonstances, ne l'ont jamais quitté.

Itinéraire bis est désormais disponible : présentation et extrait ICI

©Alain Fonteneau, tous droits réservés




Marion sur ComBoost
©Alain Fonteneau, tous droits réservés.

La Ronde des lapins sous la lune

Suzanne A., La Ronde des lapins sous la lune
Récit de vie, témoignage
     
        La narratrice revient sur son enfance et son adolescence dans le Nord de la France. Elle se rappelle les vacances chez sa grand-mère maternelle dans la maison de corons égayée par les expressions patoisantes, un mode de vie rustique et les douceurs culinaires... Elle évoque également sa mère musicienne et son père restaurateur, la fragilité de leur foyer bientôt décimé par la maladie et le deuil.
    Alors qu'elle n'a que sept ans, Suzanne est ballottée de nourrice en orphelinat. Pleine de ressources, la petite fille parviendra pourtant à se construire grâce à son goût pour l'école, un amour passionné de la nature et de belles amitiés nouées et dénouées au gré des déménagements successifs.
      Hymne à la vie et à la réparation, ce récit restaure avec une émouvante lucidité les liens invisibles qui nous rattachent aux lieux perdus et à ceux qui ne sont plus.

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Les extraits de textes et articles publiés le sont tous avec l'autorisation des auteurs et narrateurs concernés.

Mes engagements

Écoute et bienveillance  

     Je ne juge pas : ni vos ressentis, ni votre histoire, et je suis votre alliée dans ce travail d'autobiographie, sur la base de notre confiance mutuelle. 

Liberté 

     L'écriture pas à pas nous autorise l'un et l'autre à interrompre le travail en cours si ses conditions ne nous conviennent plus (sauf cas particulier de contrat signé, dans le cas d'une édition par exemple). Le cas échéant, le travail effectué vous appartient et les fichiers correspondants vous sont remis. 

Confidentialité

     Tout ce que vous me confiez reste strictement entre nous. À la fin de notre travail commun, tous les fichiers informatiques vous sont remis, ainsi que les enregistrements de nos entretiens si vous souhaitez les récupérer ; sinon, ils sont détruits. 

Respect mutuel

     Conformément à la législation en vigueur, je n'écris ni injure, ni propos diffamatoire, ni propos sexiste ou raciste. Je respect les limites de la vie privée. Il existe toujours un moyen d'écrire les choses d'une manière qui soit à la fois authentique et respectueuse d'autrui. 

     Respectivement auteur et co-auteur, nous sommes tous deux responsables de notre écrit commun au titre de la propriété intellectuelle. Dans le cas où votre manuscrit devait être confié à un éditeur, je vous remercierai de bien vouloir m'en informer.








Projet EHPAD et maisons de retraite

     Vous souhaitez développer un atelier biographique ou offrir à vos résidents la possibilité d'écrire leur histoire ou leur témoignage ; n'hésitez pas à me contacter pour que nous discutions ensemble de votre projet.

Lieux de rencontre et lieux de souvenirs

     Nous pouvons nous rencontrer chez vous ; c'est souvent la solution la plus pratique si vous vous sentez le plus à même d'évoquer vos souvenirs dans votre univers familier, environné de vos photographies et des objets qui vous sont chers. 

     Si, pour une raison ou pour une autre, vous souhaitez effectuer ce travail à distance, nous pouvons envisager des rencontres par webcam ou téléphone.

     Cependant, nous pouvons également nous rencontrer dans d'autres lieux  : café où vous avez vos habitudes, ou même banc public... Contrairement aux idées reçues, l'absence de mouvement et de bruit autour de soi n'est pas une condition sine qua non pour travailler et se concentrer, bien au contraire. Un espace propice à l'écoute et à l'échange prend très rapidement forme dans ces lieux de vie ouverts aux quatre vents. Les conversations et les exclamations des autres personnes se fondent progressivement dans un brouhaha enveloppant, les bruits de la rue se muent en rumeur lointaine... C'est une expérience très agréable que cet entre-deux; et lorsque je réécoute les enregistrements d'entretiens qui ont eu lieu dans ces conditions, je suis étonnée du "boucan d'enfer" qui régnait, mais davantage encore  de réaliser à quel point les dialogues de la rencontre n'en sont absolument pas affectés, et s'en dissocient au contraire très clairement. 

     Enfin, si cela vous convient, je peux également vous retrouver, lors d'une ou plusieurs rencontres, sur des lieux de souvenirs. J'ai remarqué que les personnes qui entreprennent d'écrire leur biographie ressentent souvent, pendant la durée de ce travail, le désir de revenir sur des lieux qui ont particulièrement compté pour eux, que ces endroits leur évoquent des moments de joie ou de douleur. Ainsi, Suzanne A., dont l'enfance a été marquée par un grand nombre de  déménagements successifs, a tenu à revoir toutes les maisons dans lesquelles elle avait vécu. Cela est particulièrement vrai pour les maisons et les jardins, mais cette démarche peut également concerner un cours d'eau, une sépulture, un monument qui serait particulièrement signifiant à vos yeux...

     Ce qui semblait vague ou diffus dans le souvenir, recouvre alors une nouvelle dimension : un relief, des couleurs, une ambiance sonore, et même des parfums - car tous nos sens sont conviés dans ce voyage. La confrontation aux lieux est à la fois une manière de « boucler la boucle » et une ouverture sur l'avenir, en nous permettant de discerner la part de ce qui est resté tel quel (qu'il s'agisse de l'apparence du lieu ou des émotions qu'il suscite) et de ce qui a changé

     Nous avons bel et bien en mémoire une géographie mentale de nos lieux de vie; c'est pourquoi je suis tout-à-fait ouverte à la possibilité d'effectuer avec vous ce parcours, même partiellement ou de manière indirecte : Alain F. n'était pas retourné dans sa région natale depuis très longtemps ; pourtant notre travail commun lui fait envisager la possibilité de s'y rendre à nouveau, après avoir utilisé lors d'une de nos rencontres le logiciel Google Earth...