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Les Bleuets de Gondecourt

    Ces 3 et 4 Novembre avait lieu à Gondecourt une bien passionnante édition du Salon du Livre et de la Généalogie, particulièrement dédiée  à la Grande Guerre pour son centenaire. Les expositions, stands et publications nombreux et particulièrement documentés m’ont permis d’appréhender autrement les drames individuels qui se sont joués en masse pendant ces quatre années terribles 1914 - 1918.
 
   La singularité de tous ces hommes « Morts pour la France », nécessairement noyée dans les hommages et célébrations  collectifs,  a retrouvé vie grâce à l’Association Historique Gondecourtoise : médailles militaires de grands-parents, fragments d’obus, articles de presse, cartes, trophées, photographies…  Cette collection était mise en valeur par un travail passionné de recherche documentaire.

   Des livres retraçant ces courtes vies de fleurs fauchées étaient également au rendez-vous. Dans son livre Les Bleuets de Gondecourt (2018),  M. Jean-Pierre Defrain-Vesschemoët, historien gondecourtois rappelle, que « [l]la Première Guerre Mondiale a vu le départ de plus de 500 Gondecourtois âgés de 20 à 48 ans […] laissant parents, femmes et enfants ». Chaque village, chaque ville de France a ainsi vu partir au front les enfants qu’elle avait vu grandir, vivre, aimer, et dont beaucoup ne sont désormais plus « qu’un mot d’or sur nos places », comme disait Aragon[1].

   Sur la base des archives civiles et militaires de la commune et des Armées (rapports de jugements, correspondances…) l’auteur redonne une identité aux disparus « victimes de combats effroyables, de maladies… ou encore passés par les armes, fusillés pour l’exemple ». Leurs traumatismes, leur peur de mourir mais, plus encore, d’être oubliés, transparaît à travers quelques lignes laconiques des documents officiels ou les témoignages de leurs compagnons d’infortune.

   L’inégalité des Journaux des unités combattantes  traduit le chaos des champs de bataille : certaines journées sont décrites à l’heure prêt, quand d’autres ont sombré dans l’horreur des tranchées... En effet, conclut l’auteur,  «[…] jamais une guerre n’a vu autant de disparus, morts sans sépulture. Près d’un Français sur deux a disparu, déchiqueté par les explosions, prisonnier de la boue ou abandonné sur le champ de bataille », laissant aux familles le devoir de faire établir par jugement le décès officiel de leur proche dans les années qui suivirent le conflit.

   Le livre de M. Defrain a cette vertu de redonner à la brutalité des faits une dimension émotionnelle proprement humaine dans une période qui ne l’était pas, tout en lui combinant une rigueur historique exemplaire, en aval et en amont des courtes vies décimées auxquelles son livre rend sobrement hommage.
Pour vous procurer un exemplaire de ce livre, merci de me contacter.


[1] « Tu n’en reviendras pas ».