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Nos rencontres Seniorêva

     J'ai été très heureuse de vous rencontrer cette fin de semaine, et nos conversations m'ont beaucoup apporté ! Je me suis aperçue à quel point la biographie pouvait toucher et intriguer, à quel point  elle soulevait de questions et de réflexions. 

Marion Pécher, écrivain public biographe à Lille     Rarement, on venait me voir directement sur le stand d'un pas décidé; en général les personnes hésitaient, lisaient l'une des affiches, s'éloignaient... Certaines repassaient un peu plus tard. Si je n'étais pas occupée à discuter avec un visiteur, je pouvais parfois deviner leur hésitation à approcher du stand et les inviter à y prendre place afin que nous puissions parler un peu, parfois quelques minutes, parfois bien plus longtemps... 

     Vos questions étaient nombreuses. Parfois même, vous m'avez exprimé vos réserves : qui ça peut-il donc bien intéresser, le récit de notre vie, si l'on est pas une personne célèbre ? Écrire le livre de sa vie, n'est-ce pas "narcissique", nos vies valent-elles réellement l'investissement d'un livre ? Je me suis efforcée de répondre à ces questions, qui interrogeaient mon propre désir d'écrire pour d'autres personnes...



Salon Senioreva, avec Marion, écrivain public biographe
Mme Michèle Pin, Présidente VMEH Nord
   Pour moi, une vie "ordinaire" ou encore "banale", ça n'existe pas. L'essence de chaque vie consiste dans son déroulement même, ses détails, ses habitudes, ses singularités, ses joies et ses douleurs, ses paradoxes. S'il fallait choisir une métaphore, je citerais la peinture: on peut admirer le Sacre de Napoléon immortalisé par David, et être cependant touché bien davantage par un tableau de Rembrandt qui célèbre l'intimité du quotidien. 

     Le récit de vie donne du sens aux grandes et aux petites choses sans censure ni jugement, il nous invite au recul et à la contemplation de souvenirs et de ressentis profondément ancrés. C'est en cela qu'il interpelle autant, même qui ne fait que passer, au détour d'une image ou d'une phrase : le récit de vie est, simplement, humain.

Signature de Ronde de lapins sous la lune au salon Senioreva, avec Marion, écrivain public biographe
Mme Suzanne Aubrit signe son livre Ronde des lapins sous la lune
     D'ailleurs, si les motivations pour écrire le livre de sa vie sont plurielles, elles ne sont jamais égoïstes, bien au contraire : elles interrogent toujours notre relation à l'autre. Au cours de ce salon, nous en avons principalement évoqué trois. 
     
     La première consiste à laisser une trace, une forme d'héritage destiné à nos proches, comme nous aurions peut-être nous-même souhaité hériter du récit d'ascendants dont l'histoire nous est souvent trop peu connue, ou parce qu'au contraire nous avons la chance de détenir des documents précieux (témoignages, journaux, mémoires, lettres...) et mesurons l'importance de ce trésor. 

     Une seconde motivation serait de pouvoir enfin exprimer ce que nous avons gardé en nous pendant parfois de longues années de peur de gêner, de blesser ou de ne pas être compris. Écrire permet d'articuler des ressentis mal nommés, et qui du coup nous submergent. En donnant une forme et un sens aux événements qui nous ont marqués, nous nous délestons de casseroles qui entravent chacun de nos pas en nous faisant souffrir. En effet, écrire oblige à des choix d'interprétation et à nous positionner, ce qui incite à la nuance. Ce tri, en permettant de reconstituer le passé tout en l'ajustant à notre présent, nous donne la possibilité de refermer des portes, et d'en ouvrir de nouvelles dont on n'aurait peut-être jamais soupçonné l'existence. 

     Une troisième motivation enfin, est la notion de projet. L'autobiographie est un travail de recherche et de remémoration qui mobilise nos souvenirs et notre analyse. Il s'agit d'inscrire nos expériences dans un contexte dont elles sont tributaires: un cercle familial et social, une culture, une époque, l'Histoire... En amont et entre deux séances avec le biographe, on recherche des photographies, de vieux documents qui dorment dans un tiroir pour leur donner une seconde vie; on reconstitue la chronologie d'événements dont nous manquent des dates ou des repères; on a besoin d'interpréter une fois pour toutes des anecdotes dont il nous a été donné plusieurs versions... En aval, ce sera un déferlement de réactions et de questionnements de la part de nos proches, (petits-)enfants, frères et sœurs, amis... qui découvrent notre récit avec beaucoup de curiosité et d'émotion. 

     Ainsi, en partageant pendant trois jours avec vous ces réflexions, j'ai eu à mon tour le sentiment de recueillir autant de bribes de récits précieux ; et je garde de chacune de nos rencontres un souvenir ému et respectueux.

éloge du quotidien, la biographie est une littérature de l'intime, Marion, biographe à Lille